Art et metier

Le tissage traditionnel de Djerba

07 March 2015

Depuis plus de 3000 ans, les sociétés pratiquent l'art du tissage, et elles ont peu à peu apporté des améliorations aux métiers rudimentaires du néolithique. Mais l'outil a peu changé au cours des derniers siècles. Une série de fils (la chaîne) est tendue sur une barre transversale, l'ensouple, en général par des poids. Par l'action sur les pédales, un nombre décidé à l'avance de fils de chaîne est tiré afin de créer un espace vide (la foule) où un autre fil (la trame) passe perpendiculairement aux fils de chaîne, grâce à une navette en bois qui en contient la bobine. Le peigne est alors tiré d'un coup sec parfois redoublé, pour battre les fils de trame, c'est-à-dire les rapprocher afin de les rendre plus compacts.  Puis les nappes de la chaîne sont inversées par l'action sur une autre pédale, pour créer une autre foule où repasse le fil de trame. C'est ainsi que l'on crée des motifs complexes, grâce à l'action sur les pédales, qui soulève des ensembles de nappes différentes, qu'on appelle les lisses.

 

Le tissage est l'un des très anciens métiers sur l'île. Il faut pénétrer loin, et du côté de Binibandou, ouvrir la porte d'un ami tisserand dont l'atelier résonne du claquement régulier du métier à tisser et d'un chant traditionnel.

 

- Les ateliers de tissage sont d'une architecture traditionnelle : l'entrée est surmontée d'un fronton triangulaire, répondent à des normes et exigences climatiques. Semi-enterré et construit dans le sens de la longueur, le hanout présente systématiquement des murs massifs, soutenus à  l'extérieur par des contreforts, procurant fraîcheur en été et chaleur en hiver.

 -  Mr Mongi Ben Moussa et (Ammi) El Tayeb Rmada, l'un des plus anciens tisserands de l'île avec plus de 30 ans de travail, est  connu comme un formateur est source d'informations du métier de  tisseur. Ils ont hérité de ce métier de leur père  et tentent de le sauvegarder en le transmettant eux-même à leur descendance.Pour les foutas, on utilise des fils de soie, d'argent ou d'or.

 

 

Le métier à tisser est fait en bois d’olivier et de palmier, des matériaux disponibles sur l’île. Bras et jambes le font fonctionner. Sur les fils tendus le long du cadre, passent et repassent les fils de différentes couleurs. Le peigne monte et descend, tassant les rangées de fils en un mouvement rapide et continu. De cet enchevêtrement de fils jaillissent les couvertures aux motifs géométriques parfaits.

Deux type de métiers sont utilisés dans cet atelier : avec 5 pédales pour les foutas simples sans décoration ; avec 8 pédales pour les foutas décorées. Voici l'ordre des passages pour ce dernier : sur la première pédale, deux passages de la première pédale à la huitième ; un passage de la quatrième à la première ; un passage de la première à la huitième ; un passage de la huitième à la quatrième ; un passage de la quatrième à la huitième ; un passage de la huitième à la première ; enfin un de la première à la quatrième et puis de la quatrième à la première. Et on recommence. Il faut ainsi beaucoup d'attention et de rigueur : il est impossible de revenir en arrière.  Et il peut y avoir plus de 3850 fils sur la chaîne.

Le prix d'une fouta varie selon le fils utilisé : elle peut atteindre 400 dtn si elle contient des fils d'argent. Avec uniquement des fils de soie, et selon les décoration, le prix varie de 160 à 220. 

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